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Patrimoine historique

Blaise Pascal et Clermont

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Blaise Pascal Pensées (1670)

L'imagination dispose de tout, elle fait la beauté, la justice et le bonheur qui est le tout du monde.

sculpture de Jean-Baptiste Chalonnax / MARQ

Qui est Blaise Pascal ?
Pourquoi est-il connu ?

Blaise Pascal (1623-1662) est l’un des hommes les plus fascinants du XVIIe siècle. Génie universel, il a consacré sa vie à étudier les mathématiques, la philosophie, la physique, l’entreprenariat et la théologie.

Blaise Pascal est surtout connu pour ses Pensées et son célèbre pari. Le théologien et philosophe encourage tout sceptique à croire en Dieu pour s’assurer une place au paradis. "Si vous gagnez, vous gagnez tout ; si vous perdez, vous ne perdez rien." (Pensées, fragment 397)

Blaise Pascal a inventé la Pascaline, première machine à calculer mécanique avec report automatique de la retenue. Sa théorie des probabilités et son étude du triangle arithmétique ont contribué à l'élaboration des futures statistiques.

L’unité internationale de la pression est le pascal (Pa), en hommage à ses travaux. Elle est utilisée pour la pression artérielle et la pression des pneus.

Au cœur du centre historique de Clermont

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Blaise Pascal est né à Clermont le 19 juin 1623 dans une maison située au pied de la cathédrale, sur l’actuelle place Léon-Lemaigre. L’inscription sculptée au sol « Ici s’élevait la maison de Blaise Pascal » marque son emplacement.

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Blaise Pascal est baptisé à l'église Saint-Pierre-de-Clermont, autrefois située à l'emplacement de la Halle Gourmande Saint-Pierre. Il ne reste de cet édifice qu'un linteau sculpté, réemployé sur la façade d'un immeuble situé à l'angle de la rue et de la place des Gras. La scène représente le lavement des pieds.

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Blaise Pascal a souvent séjourné au château de Bien-Assis, propriété de son beau-frère Florin Périer. Le domaine est  racheté en 1912 par la Société Michelin pour y agrandir le site des Carmes. Le porche de l'entrée et une fontaine à tête de lion sont alors déplacés au jardin Lecoq.

Richard Claret

L'expérience du puy de Dôme

Le 19 septembre 1648, Florin Périer réalise pour son beau-frère Blaise Pascal une expérience sur le vide fondée sur l’observation.

L'expérience est menée à trois altitudes différentes : dans un premier temps dans le jardin des Minimes, autrefois situé place de Jaude, entre la rue Blatin et l'église Saint-Pierre-des-Minimes, puis au sommet du puy de Dôme et enfin sur le chemin de retour, à La Font de l'Arbre.

À chacune de ces étapes, Florin Périer mesure le niveau de mercure dans un tube de verre. Rempli à ras bord, ce tube est retourné afin que sa base ouverte soit en contact avec le mercure contenu dans un récipient. En raison de son poids, le liquide contenu dans le tube baisse sous l’effet de la gravité. L’espace libéré en haut du tube est donc bien vide. À Clermont, le mercure se maintient à une hauteur de 71,2 cm. Au sommet du puy de Dôme, il descend à 62,70 cm.

À l’époque les scientifiques pensent que la nature a horreur du vide. Dans ce cas, comment expliquer que sa hauteur s'abaisse au fur et à mesure que l'on s'élève ? C’est la preuve pour Pascal que cette conception est fausse : la nature ne peut pas avoir davantage peur du vide au bas d’une montagne qu’à son sommet !

La cause du phénomène est bien différente et semble aujourd’hui évidente : la couche d’air qui pèse sur le mercure du récipient diminue avec l’altitude. La hauteur atteinte par le mercure dans le tube est donc l’équilibre de deux forces : la gravité et la pression de l’air.

Cette expérience révèle la possibilité du vide et l’existence de la pesanteur de l'air. Il s’agit des prémices de la météorologie, les anticyclones et les dépressions étant liés à la pression atmosphérique.

Dans les musées clermontois

Blaise Pascal au Museum Henri-Lecoq

Un homme de sciences

Un espace consacré à l’histoire des sciences, situé à l'entrée du musée, invite à découvrir les travaux de Blaise Pascal, Antoine Lavoisier et Henri Lecoq. Blaise Pascal est présenté sous trois angles : le mathématicien, le physicien et l'entrepreneur.

Parmi les recherches menées par Pascal, on découvre :
- les cycloïdes, courbes particulières aujourd'hui utilisées pour la mise au point de mécanismes ;
- le triangle arithmétique utilisé pour l'étude des probabilités ;
- les côniques, cercles, élipses et paraboles ;
- le déssèchement des marais, projet pour lequel Pascal invente la pompes à siphon, système de vérin hydraulique aujourd'hui utilisé pour les ascenseurs.

Visitez le musée
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La Pascaline

Inventée et réalisée par Blaise Pascal, la pascaline est la première machine à calculer mécanique avec report automatique de la retenue. Le museum en conserve deux exemplaires, classés "trésor national". Une reproduction permet d'en voir et comprendre le mécanisme lors de démonstrations.

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Son mécanisme

Le mécanisme de la Pascaline est reproduit en grand, de manière à observer le fonctionnement de la retenue : les tiges décentrées de la roue de droite soulèvent le sautoir pour le mettre en position haute avant de retomber librement, sa partie arrière pousse ainsi la dent de la roue de gauche d'un cran et reporte automatiquement la retenue.

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Le carrosse à cinq sols

Blaise Pascal s’associe au duc de Roannez pour fonder une société de transport. Leurs carrosses suivent toujours le même trajet à heures fixes et arrêts fixes, même vides. La course vaut cinq sols, monnaie de l'époque. Blaise Pascal voit cinq lignes se développer, la « correspondance » apparaît pour la première fois. L’affaire perdure jusqu’en 1691.

Au Musée d'Art Roger-Quilliot

Représentations de Blaise Pascal

Blaise Pascal, célèbre pour son génie, a inspiré les artistes. Plusieurs œuvres sont présentées au public au musée d'art Roger-Quilliot : sculptures, peintures, gravures...

Sculpture d'Augustin Pajou (1730-1809) réalisée en terre cuite en 1779 | À l'occasion d'une commande publique sur les « Grands hommes de la France », Augustin Pajou choisit de mettre à l'honneur le génie littéraire et artistique de Blaise Pascal. Avant d’exposer un modèle en plâtre au Salon de 1781, puis un marbre grandeur nature en 1785, le sculpteur réalise cette première esquisse. Pascal est représenté en mathématicien assis sur un fauteuil, réfléchissant à la solution d’un problème. D’une main, il tient une tablette sur laquelle est inscrite une fraction surmontant le diagramme d’une cycloïde. À ses pieds, son livre les Provinciales repose ouvert sur une machine arithmétique. Des feuilles éparses évoquent la rédaction des Pensées.

Visiter le MARQ
Œuvre anonyme, d’après
François QUESNEL II / MARQ

Portrait de Blaise Pascal

Peinture anonyme d’après le portrait posthume de Blaise Pascal par François Quesnel (1637-1699), huile sur toile du XVIIe siècle.
Au fragment 37 de ses Pensées, Blaise Pascal affirme « Quelle vanité que la peinture qui attire l'admiration pour la ressemblance des choses dont on n'admire point les originaux ! ». Cette défiance explique certainement l'absence de portrait exécuté de son vivant.
Ce portrait est une reprise du premier portrait réalisé après la mort de Blaise Pascal, à la demande de sa famille, à partir de son masque mortuaire. Selon une anecdote recueillie par le père Pierre Guerrier en 1732 auprès de Marguerite Perrier (1646-1733), la nièce de Pascal, la ressemblance était frappante.

Peinture du anonyme du XVIIe siècle / MARQ

Portrait de Gilberte Pascal

Peinture anonyme, huile sur toile du XVIIe siècle, classée au titre des monuments historiques depuis le 10 mars 1909.
Gilberte (1620-1687) est l’aînée des trois enfants Pascal. Belle et pleine d’esprit, elle épouse à l’âge de 21 ans Florin Périer, conseiller à la Cour des Aides de Clermont, à qui elle donnera cinq enfants. Elle se détache alors des salons mondains parisiens pour revenir vivre à Clermont, où elle mène une vie dévote et modeste en leur château de Bien-Assis. À la mort de son frère, Gilberte participe activement à la première édition des Pensées.
Dans ce portrait en buste, habillée sobrement, Gilberte apparaît en femme réservée mais au regard volontaire et intelligent, avec un visage ressemblant étonnamment à celui de son cadet.

Œuvre de Jean-Louis CHARBONNEL / MARQ

Blaise Pascal au milieu de ses contradicteurs

Peinture de Jean-Louis Charbonnel (1848-1885). Huile sur toile peinte en 1878, dépôt provenant de la collection du musée Mandet à Riom.
En 1656, Blaise Pascal prend la défense de son ami Antoine Arnauld, condamné par la Sorbonne pour ses opinions jugées hérétiques. Sous le pseudonyme de Louis de Montalte, il rédige une série de lettres aujourd’hui connues sous le titre les Provinciales. 
Dans un style qui évoque l’art de Rembrandt, Charbonnel abandonne la représentation classique de Pascal méditant. Il préfère imaginer sur une grande toile un débat opposant Pascal à ses contradicteurs, saisissant les tensions religieuses de cette seconde moitié du XVIIe siècle. 

Les parents de Blaise Pascal

Etienne Pascal, certainement né en 1588, est originaire de Cournon. Sa famille s’est enrichie par le commerce et élevée dans l’échelle sociale grâce aux fonctions publiques acquises contre une somme d’argent. Étienne Pascal est une figure du monde savant parisien. Il fréquente l’Académie du père Mersenne et le mathématicien Roberval est l’un de ses amis. Etienne Pascal fait partie des cinq personnalités choisies par le mathématicien Jean-Baptiste Morin de Villefranche pour juger de sa méthode de détermination des longitudes.

Antoinette Begon, baptisée en 1596, sera décrite par sa petite fille Marguerite Périer comme une belle jeune femme « très pieuse et très charitable ». Son père Victor Begon, commerçant, descend d’une famille de laboureurs de Gerzat. Grâce à ses économies, son grand-père  Bonnet Bégon avait acquis un office de lieutenant général du seigneur de Gerzat. Sa mère Antoinette Fonfreyde appartient à une ancienne famille bourgeoise de Clermont.

Antoinette Pascal décède  à l’âge de trente ans. Gilberte a six ans, Blaise trois et Jacqueline quelques mois. Leur père décide de se charger lui-même de leur éducation.

Hommages à Blaise Pascal

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Une statue de Blaise Pascal est hérigée en 1880 place Saint-Hérem, actuel square Blaise Pascal. Son emplacement a été choisi par son sculpteur, Eugène Guillaume. La statue devait absoluement faire face aux volcans d'Auvergne, en écho à l'experience du puy de Dôme.

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Rue des Gras, l'hôtel Fontfreyde, hôtel particulier du XVIème siècle, abrite le Centre Photographique.
Au premier étage, la galerie est percée de grandes baies en plein cintre ornées de vitraux. L'un d'eux rend hommage "au plus glorieux enfant" de Clermont.

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Quatre parcours en ville invitent à découvrir le centre historique de Clermont-Ferrand depuis la place de la Victoire. Leur marquage au sol est constitué de médailles incrustées au sol à l'effigie de Blaise Pascal, Vercingétorix et Urbain II.

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Dans le quartier du Port, six portraits de personnages historiques ont été installés par le street artiste Brikx, dont deux portraits de Blaise Pascal se faisant face, rue Pascal. 

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À l'arrêt de tram "Hôtel de Ville - Blaise Pascal", une plaque déposée par l'Académie des Sciences et Belle Lettres et Arts de Clermont-Ferrand rend hommage à Blaise Pascal et au carsosse à 5 sols, première entreprise de transport public urbain.

Un provincial nommé
Blaise Pascal

Exposition virtuelle

L’exposition virtuelle « Un provincial nommé Blaise Pascal » est issue d’une collaboration entre la Bibliothèque du Patrimoine de Clermont Auvergne Métropole, le Muséum d'histoire naturelle Henri-Lecoq, le Musée d'art Roger-Quilliot, le Laboratoire de mathématiques de l'Université Clermont Auvergne et le soutien scientifique de Dominique Descotes, professeur émérite de l'Université Clermont Auvergne.
La vie et l'œuvre de Blaise Pascal sont présentés à travers des écrits, des documents anciens, des vidéos et des podcasts. Vous pouvez entendre ou voir des spécialistes passionnants et passionnés vous expliquer de manière didactique le triangle arithmétique, le fonctionnement de la Pascaline ou bien la cycloïde.

Découvrez la vie et l'œuvre de Blaise Pascal
Overnia, bibliothèque numérique du Patrimoine

Consultez les ouvrages
les plus précieux de Blaise Pascal

Il ne manque que l'odeur du papier ! Depuis 2011, la Bibliothèque du Patrimoine de la métropole clermontoise s’est lancée dans un vaste programme de numérisation. Le projet a pour but de valoriser et mettre à disposition du public une partie des collections anciennes conservées.

La collection numérique "Un provincial nommé Blaise Pascal" est riche en documents précieux relatifs à la vie de Blaise Pascal et à ses recherches : écrits philosophiques, polémiques, religieux, scientifiques...

Il est ainsi possible de consulter en ligne et même d'embarquer au format pdf des ouvrages du XVIIe siècle comme les Pensées, les Provinciales et autres écrits scientifiques...

Consultez les ouvrages anciens de Blaise Pascal
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Pour tout savoir sur la Pascaline

Livret "Les machines arithmétiques
de Blaise Pascal"

Blaise Pascal invente sa machine à calculer pour aider son père qui était alors collecteur d’impôts et se trompait dans ses calculs. À cette époque, on comptait avec des jetons, et Etienne Pascal avait une forte tendance à oublier la retenue.

Blaise Pascal réfléchis donc à la création d'une machine avec report automatique de la retenue. Au total, il fera cinquante prototypes et vingt exemplaires qu'il perfectionnera au fil de temps.

Ce livret, co-écrit par Nathalie Vidal et Dominique Vogt, raconte l'histoire des Pascalines, décrit leur mécanisme et explique leur fonctionnement.

Livret en vente au muséum Henri-Lecoq.